Bas de page pour voir un diaporama de la rue Pontarlier.

 

La rue Pontarlier et la maison de France.

La Pontarlierstrasse était bien connue des anciens de la garnison car elle y était le point incontournable des rencontres. En effet on y trouvait tous les services dont les résidents avaient besoin pour la logistique de leur vie courante. Tout d'abord pour l'alimentation et les petites fournitures domestiques les économats où s'échangeaient les derniers potins de la garnison, en bout du bâtiment la librairie et le Bureau Postal Militaire, quelques mètres plus loin le mess de garnison avec un "célibatorium" pour les sous-officiers. Pour les loisirs le cinéma avec deux à trois séances hebdomadaires. Une fois par mois se tenait une vente de vêtements dans un camion aménagé à cet effet qui stationnait devant les économats.
La chapelle était cachée sous les toits de l'économat.

Seul le mess transformé en maison de France survécut au départ des deux régiments. Hélas, au grand regret de tous, victime de la déflation des Armées, il ferma définitivement ses portes le 1° Mai 2013.

Texte de Maximilien Méric qui a assisté au dernier repas à la maison de France.

  UN MESS DEVENU MAISON DE FRANCE

Cette fois-ci les lampions sont éteints et bien éteints.

Le vendredi 3 mai 2013 à midi, le dernier service a été célébré et ce pour les seuls intimes. Toutes portes fermées, l’ami CAVALIN, le gérant, avait organisé la dernière cène. Nous étions cinq en l’absence de Bernard THOMAS empêché, et j’avais amené deux grands crus de 21 et 30 ans pour donner la solennité voulue  à cet ultime et excellent repas.

   Nous vous avons invoqués et vous nous avez accompagnés dans ce moment amical et grave : comment ne pas se souvenir, comment ne pas éprouver de peine quand les choses vont disparaître au rythme des minutes qui s’égrènent. Certes, ce repas nous l’avions voulu festif, mais plus il s’est avancé et moins le cœur y était ; le poids de votre présence, celle plus indicible de nos disparus, le kaléidoscope d’une garnison évanouie et tous les événements qui s’y rapportent, l’oubli qui se dessine, tout cela a rendu les dernières bouchées bien amères…

  J’ai pour moi-même déroulé le fil au moment propice et je me suis revu jeune appelé il y a maintenant quarante cinq ans ! combien d’autres, officiers, sous-officiers, hommes du rang ont passé, se sont connus et ont divergé par les nécessités de la vie ; d’autres encore ont noué leur destin en y restant, en se mariant, en ayant des enfants. Eh bien tout cela, militaires, épouses, enfants, petits et grands instants de l’existence, a pris corps au moment de se quitter.  Nous avons essayé d’assembler tous ces morceaux épars, d’en dresser le catalogue  pour en faire une dernière fois un tout homogène avant que le temps ne nous efface.

   Comme tout ce qui est humain est désespéré car rien ne demeure, nous avons senti comment cet adieu à un lieu pouvait nous dévaster par le poids des souvenirs qui nous emportent. Mais au moins avons-nous fait l’effort de vous associer tous afin que votre passage soit établi : ainsi notre amertume  s’en est trouvée  plus apaisée.  Pour ma part, ayant toujours au delà des contingences éprouvé l’espérance, j’ai en descendant les marches et sans me retourner, su que  nous nous retrouverons.

     Max  MÉRIC

      Calendrier 

    Les quatre Maisons de France  se trouvant en Allemagne disparaissent aux dates suivantes :

  • Mülheim et Donaueschingen fermées au 1er mai 2013
  • Villingen et Vieux Brisach ont femé leur boutique le 25 mai 2013, les services hôtel et restauration étant  fermés depuis le 1er mai 2013.
  • Demeurent à la suite des forces deux économats: celui de Donaueschingen qui réduit considérablement son périmètre (suppression des accords locaux, des rayons boucherie, poisson et légumes, électroménager ainsi que la diminution du rayon presse) et celui de Mülheim, fantomatique, avec 2 personnels à plein temps et un à mi-temps pour le faire fonctionner.

Voici quelques photos prises en 2011 par le regretté Bernard Thomas et Maximilien Méric. En fin de diaporama vous pourrez voir d'autre photos prises par Méric à l'automne 2013 après la fermeture de la Maison de France.

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