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Les matériels roulants.


La rampe:
Elle était constituée d’un véhicule à roues portant le rail de support et de guidage de la roquette. Deux versions furent réalisées, une rampe dite longue (M289) dont le rail dépassait en longueur et en hauteur à l’avant du camion, puis fut construit une rampe dite courte (M386) dont le rail pouvait se replier derrière la cabine et ne la dépassait pas en hauteur.

En position de route la roquette était maintenue par trois colliers et à l’arrière, sur la 386, par un étrier dit « pièce rouge », car il était peint en rouge pour qu’il soit bien vu, qui l’empêchait de partir vers l’avant en cas d’arrêt brutal.

La légende disait qu’au cours d’un tir réel les servants de la pièce avaient oublié d’enlever les colliers de maintien et que la rampe était partie avec la fusée sur quelques centaines de mètres. Cela parait très improbable quand on connaît le déroulement d’une séquence de tir à moins que ce ne soit une expérimentation voulue par les Américains.

Voici les caractéristiques des deux rampes :

M 289 M 386
Longueur
12,9 m. .
9,88 m
Largeur
3,05 m.
2,89 m.
Hauteur
4.16 m  
2,70 m
Poids 
21.585 kg  
18.218 kg.
Rayon de virage
33 m
15 m
Moteur
    6 cylindres, 9.866 cm3 à essence
Puissance 
196 cv à 2.800 tr / min.
Consommation
100 l/100km, autonomie 450 km.

Le système de pointage manuel à l’aide de volants en direction et en hauteur, était analogue à ceux d’une pièce d’artillerie. Le débattement en direction était de l'ordre de 150 millièmes sur la 386.
La hauteur de la 289 faisait qu'elle ne passait pas sous tous les ponts ceci donnant lieu à quelques accidents ou incidents malheureux.

Les remorques et leur tracteur:
Les remorques sur lesquelles se faisait l’assemblage servaient également à livrer la roquette à la rampe. Il en existait deux types. La plus simple était la M329, l’autre la M405 sur laquelle se trouvait un palan permettant le chargement de la roquette par la force des bras. Ce procédé n’était utilisé quand cas de défaillance du camion- grue et sa réussite reposait essentiellement par le positionnement de la rampe par rapport à la remorque.
Le camion tracteur s'appelait le M55 de même pied que la rampe, sa caisse était aménagée pour recevoir la roquette décaissée mais non assemblée. L’ensemble M55 remorque représentait une longueur de 20 mètres pour un poids à vide d'une vingtaine de tonnes..
Sur chacun de tous ces matériels roulants se trouvait un groupe électrogène servant à alimenter les couvertures chauffantes qui maintenaient la poudre de la roquette à bonne température.

L’anémomètre:
Il servait à mesurer la vitesse et la direction du vent de surface juste avant le départ du coup afin d’apporter les dernières corrections aux éléments de tir. La roquette étant très sensible au vent de surface dès qu'elle quittait la rampe car elle n'avait pas encore atteint sa pleine vitesse. L'anémomètre était monté au sommet d’un mat télescopique se trouvant lui-même sur une remorque tractée par une camionnette Unimog.
A la mise en batterie la remorque était mise horizontale à l'aide de vérins, puis le mat était mis à la verticale et déployé par un système hydraulique actionné par un moteur à essence, puis haubanné.
La lecture de la vitesse et la direction du vent se faisait sur un boîtier qui calculait le vent moyen sur une durée définie pour un tir au TOT (Time On Target) ou par une lecture directe pour un "tir au vent". Les éléments de tir étaient dans ce cas calculés pour une force et direction du vent prédéterminés. Cette méthode qui assurait un tir plus précis n'était que très rarement utilisée car aléatoire quant au moment du tir.


Rampe M289.
On réalise l'encombrement d'un tel véhicule.
Rampe M386.
L'officier procède au réglage de la fusée à temps
M55 et sa remorque.
Mise en batterie d'un anémomètre.

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