Les souvenirs de Christian Simon.

Christian Simon, appelé du contingent 65 1B, a été mécanicien à l'atelier du 301° G.A.
Il nous envoie quelques photos et relate un souvenir qui l'a fortement marqué.

 

Le dépannage au dépôt.


C'était pendant l'hiver 65-66. Je me trouvais de permanence au garage du Groupe, lorsque j'ai reçu la mission de dépanner l'un des trois groupes électrogènes du dépôt des têtes nucléaires U.S. de Tannheim. Bien entendu n'ayant aucune accréditation pour y pénétrer, un officier devait m'accompagner pour certainement garantir que j'appartenais bien au 301 si jamais on m'avait pris pour un dangereux saboteur infiltré du KGB. Ce fut un capitaine dont je ne me souviens ni de l'identité ni de sa fonction au Corps.
Arrivés sur place, après avoir franchi le poste de police français, nous avons été pris en charge par deux colosses américains en armes. Ils nous conduisirent à leur poste de garde, leur arme pointée dans notre dos, chargeur engagé, et le doigt sur la détente. Là ils nous confisquèrent notre carte d'identité, briquets, clés, et tout ce que nous avions dans nos poches. Ils m'ont tout de même laissé ma caisse à outils.
Puis ils nous conduisirent dans le local des groupes électrogènes et nous désignèrent le groupe défaillant. Ils sont alors restés derrière nous, toujours avec les armes pointées a quelques centimètres de notre dos pendant toute l'intervention. Le capitaine et moi avions donc l'honneur d'avoir chacun notre américain pour nous surveiller!
J'ai été heureux et soulagé lorsque j'ai pu redémarrer ce groupe et récupérer mes effets déposés au poste.
Nous sommes donc rentrés a VILLINGEN avec pour ma part l'envie, pour me libérer de la tension qui m'avait envahie, de chanter, mais le capitaine étant avec moi, je n'ai pas osé !

Que Christian Simon en retire au moins la gloire d'avoir été un des très rare français a avoir eu l'honneur de pénétrer dans le dépôt américain.

Dans le même ordre d'idée Serge Burillon nous a relaté, dans "Les débuts du 301", une anecdote sur la rigueur américaine, en voici une autre de Bernard Thomas:
Alors qu'il était en section d'alerte celle-ci avait dû monter d'urgence au dépôt, un coup de feu ayant été tiré. À l'arrivée tout était rentré dans l'ordre. Il s'agissait d'un électricien d'une entreprise allemande qui avait été appelée pour changer un ampoule d'angle sur le chemin de ronde. Pour plus de commodité l'électricien avait fait passer une grande échelle de l'autre côté  de la clôture. Il s'était fait tirer dessus heureusement sans mal (un coup de semonce?). Depuis les américains se débrouillaient pour changer leurs ampoules, aucune entreprise ne voulant plus venir au dépôt.

Simon au travail.
L'atelier 2 B du Groupe en manoeuvre.
Les mécaniciens et le CLD de dépannage.
En Hiver.
Coup parti à Graffenwöhr.